30 mars 2008
einstein's theory
je relativise assez souvent, mais quand je suis fatiguée un peu moins.
je relativisais quand je venais de passer un délicieux week end avec C., que je commençais à me dire mais oui arrête de te prendre la tête, vis le moment présent, profite, la relation commence à aller et toutes les conneries du genre...
je relativisais quand j'ai réussi à avoir cette conversation avec ma mère au téléphone vendredi
mère : "mais tu cuisines pour qui comme
ça?"
blik' : "ahum pour mon copain..."
mère : "pour qui?"
blik' : "mon copain."
mère : "ha ben attends ça c'est de la nouvelle, je m'assieds"
blik' : "haha très drôle m'man"
mère : "ué mais tu racontes jamais rien... et il
s'appelle comment?"
blik ': "C."
mère : "ha c'est pas commun..."
blik' : "parce que blik' ça
l'est?"
mère : "sinon il a quel âge? enfin je veux dire... plus vieux?"
blik' : "nan plus jeune"
mère : "ha... enfin
ça change rien, c'est bien aussi... et ça fait combien de temps que t'es avec
lui?"
blik' : "qqs mois..."
mère : "quoi?
un mois?"
blik' : "non quelques mois..."
mère : "et c'est maintenant que tu le dis? tu nous as caché ça... ben dis
donc..."
ce qui est, pour ceux qui me connaissent un peu, un exploit car je ne parle jamais de ma vie relationnelle avec mes parents...
je relativisais quand C. m'a appelée quelques heures après être rentré, juste pour me parler...
je relativisais quand j'ai fini de regarder les 5min de "No country for old men" que j'avais loupées parce que je me suis endormie dans ses bras au lieu de suivre le dénouement, que je l'ai rappelé pour lui dire qu'effectivement la fin était un peu abrupte mais que le film était bien...
mais j'ai eu du mal à relativiser quand d'une seule phrase il a fait ressurgir toutes les questions que je me pose et que je pensais commencer à enterrer un peu...
"ha c'est fou tout de même, enfin j'irai bien lui tenir compagnie... mais j'aurais peur qu'une certaine personne soit jalouse..."
"ça c'est limite vexant, je ne suis pas jalouse tu le sais, et tu peux sortir avec elle, la voir, même dormir chez elle, je ne vois pas pourquoi tu t'en empêcherais..."
"ha bon même dormir chez elle? ahum ahum... t'es sure de ça?"
"ce n'est pas drôle andouille! oui tu peux qu'est ce que tu veux que ça change? ai-je déjà fait une crise de jalousie?"
"non c'est vrai... mais bon dormir chez elle... j'arriverais pas à te faire douter un peu hein?"
"haha imbécile, non ça ne prend pas... aucune raison..."
"ha ben tant mieux, de toute façon il ne se passerait rien sauf si elle était vraiment déprimée et qu'elle avait trop bu..."
"euh ça je t'avoue c'est pas la réponse que j'attendais..."
"ben quoi?!"
"non rien, en fait tu coucherais avec elle si elle voulait, c'est juste parce que t'as aucune chance qu'il ne faut pas que je m'inquiète... belle relation..."
"ben oui, qu'est-ce que j'ai dit? bon j'ai peut être manqué de tact..."
"non pas de tact mais autant que tu sois honnête c'est vrai... juste ça prouve que tu ne sortiras jamais de ça... je suis con... mais bon j'ai décidé de faire avec hein... tant pis... je ferais avec..."
"je préférerais que tu ne le dises pas ainsi..."
"et comment tu voudrais que je le dise?!"
alors oui là hier soir en raccrochant j'ai plus du tout relativisé... allez savoir pourquoi!
oh le joli conte...
combien de temps encore arriverai-je à faire coexister ma lucidité et mon utopie?
combien de temps encore réussirai-je à me persuader que le bien l'emporte?
combien de temps encore y croirai-je?
27 février 2008
je me doutais que je ne changerais pas la fin...
elle avait décidé
de s'éloigner
un peu de l'irréalité
de cesser
de divaguer
elle avait décidé
de se rapprocher
davantage de la réalité
de commencer
à raisonner
elle avait balayé
en contre plongé
l'assemblée
et avait compté
aucun spectateur
moins de deux aiguiseurs
trois fois moins de dompteur
elle avait regardé
en sens opposé
l'empyrée
et avait observé
une grande clarté
à deux pas l'obscurité
trois, quatre nébulosités
elle avait alors visé
à ses côtés
à l'environnée
et avait considéré
un équilibriste
qui se montra
un peu artiste
un peu clown triste
surtout s'avéra
envieux de la trapéziste
une, deux, trois,
lassée du triptyque
la funambule résignée
une, deux, trois,
se voulut apathique
et remonta s'esseuler
15 février 2008
la théorie de chaos (2)
je confirme...
aujourd'hui je pensais aller mieux malgré le ciel gris blanc cotonneux...
malgré le fait d'avoir du aller au lycée pour rien...
malgré une crétine et un connard d'automobilistes sur le trajet inutile...
mais il aura suffit d'une phrase...
en fait je crois que je ferais bien d'éviter toute discussion plus poussée que les salutations de convenance...
les mots énervants du jour...
"même pas plus que ça"...
14 février 2008
la théorie du chaos...
La théorie du chaos traite des systèmes dynamiques rigoureusement déterministes, mais qui présentent un phénomène fondamental d'instabilité appelé "sensibilité aux conditions initiales" qui, modulant une propriété supplémentaire de récurrence, les rend non prédictibles en pratique sur le "long" terme.

il y a des soirs comme ça où une seule phrase peut achever de me faire basculer de la morosité légère à l'énervement dépressif...
ce soir un bonsoir aura suffit...
13 février 2008
pas assez courageuse...
j'hésite entre vous dire d'aller relire mon post du 03/02 pour savoir que j'ai l'impression que tout est un éternel recommencement, surtout les corrections et les préparations de cours...
j'hésite à vous dire que les amis des coloc me rappellent que la colocation est une communauté spéciale qui vous oblige à ne pas pouvoir faire tout ce que vous voulez quand vous le voulez... surtout quand le dit ami de la coloc rentre de manière fortuite dans votre chambre, se trompant de porte, alors que bon mon appartement n'est pas un dédale de charnière... j'étais heureusement habillée mais je crois que je vais faire attention la prochaine fois que je sors mes vibro...
j'hésite à vous dire qu'en ce moment je me pose mille et une question sur ma relation pseudo-ff, sur l'attachement que l'handicapée du sentiment que je suis développe, que je n'arrive même pas à cerner moi-même ce que je ressens... qu'en plus mon ff a été un peu blessé par l'extrait sorti du contexte que j'avais publié, qu'il n'a pas grand moral en ce moment de toute façon, donc qu'il est pas mal distant ce qui n'arrange rien pour tenter de réfléchir à l'affaire, affaire qui semble s'en aller doucement mais surement...
j'hésite à vous dire qu'en ce moment je suis à nouveau dans une phase de zenitude fataliste et àquoibonniste... du style de quoi je me plains ça va pas si mal mais ça va pas bien... n'évoluerais-je jamais? et les gens me fatiguent ou m'énervent ou me déçoivent de plus en plus, parfois les trois à la fois...
j'hésite à vous dire que j'ai pris des nouvelles de Lui, qu'il va bien, est marié à présent, qu'il a toujours autant de difficultés à recevoir de mes nouvelles au vue de notre ancienne "relation", qu'il a quelques problèmes tout de même et que ça m'ennuie vraiment pour lui, et qu'il aura suffit d'un mail pour amplifier davantage mon sentiment de zenitude fataliste àquoibonniste...
j'hésite à vous dire que je me parais futile, superficielle et ennuyante de m'épandre comme ça sur des élucubrations décousues, nombrilistes et tellement geignardes...
j'hésite parfois à tout plaquer...
15 novembre 2007
trois petits tours...
je fuis mes draps pour ne pas cogiter.
mes pensées dansent quand la lumière n'est pas là.
je reste éveillée plus ou moins consciemment...
je me déphase de plus en plus.
tenter de me recadrer alors que partout rien ne semble bien chevillé.
j'hésite à porter le diable en terre ou à l'amener aux vaches...
je doute sur-tout.
beaucoup, tout le temps, et particulièrement ces temps-ci.
je me demande où je vais, si j'y arriverais un jour, comment, quand...
16 octobre 2007
suivre le fil...
Il est des jours où est le titre d'un blog que j'ai croisé par hasard, un peu comme un ambassadeur de tri qui aurait mal fait son boulot, j'avais zappé ce blog et pourtant il est une mine d'or de sentiments. Pas d'image, que des mots.
Hier soir vers 1h du matin quand je suis tombée sur ce post en me baladant dans mes favoris au lieu de travailler mes cours d'aujourd'hui, ça m'a fait très plaisir après la surprise de me découvrir en lien là bas.
Pas parce qu'il fait partie de la blogosphère connue et fréquentée française mais plus parce que ce que je connais de ses idées et points de vue à travers son blog me plait beaucoup et que la reconnaissance de quelqu'un à qui vous accordez un tant soit peu de crédit est plaisante...
Pourtant, passé le "ouah mais dis donc c'est de moi qu'on cause là?!" je me suis penchée un peu plus sur la description faite de mon blog, donc sur le ressenti que je laisse à un lecteur, donc peut être à plusieurs.
Une mine d'or de sentiments paraît-il donc...
Et je me suis aperçue qu'en réalité ce n'était plus qu'à moitié juste comme description.
En effet, s'il fût un moment où je m'exprimais plus sur mes sentiments, cela fait quelques temps que je ne fais que vous narrer ma vie sans trop entrer dans les détails.
D'une parce qu'avec un déménagement à plus de 530km de chez moi avec pour la première fois un appart, qui plus est en colocation, avec les contraintes paperassières et administratives que cela entraîne, me prend un temps fou.
De deux parce que mon boulot de professeur ès SVT étant passé de stagiaire assurant 6h de présence devant élèves à titulaire enchaînée pendant 18h à ses classes, ça ne me laisse que peu de temps pour avoir une vie et bloguer comme j'en aurais envie (alors que cependant je passe trop de temps sur le net mais ceci est un autre problème).
De trois je passe trop de temps sur le net comme cité ci-dessus.
Mais surtout, de quatre, je commence à connaître même virtuellement trop bien les gens qui me lisent, et s'il est une chose que je n'aime pas faire c'est m'épancher auprès des gens que je côtoie. Enfin si je m'épanche ; un vrai moulin à parole, des anecdotes et tranches de vie à n'en plus finir, mais me confier vraiment j'ai jamais bien su comment faire, et beaucoup me le reproche d'ailleurs.
Donc pour toutes ces raisons et surtout la dernière, depuis la rentrée de septembre je ne rédige plus trop de post personnels. Je préfère par facilité narrer en bref des morceaux choisis et reporter de manière très journalistique ces instants en passant par le menu du soir, ma journée au collège, mes emmerdeurs de 3ème, mon we en Alsace, etc.
Alors oui je pourrais vous dire que mes péripéties avec ces incompétents et lambins de chez France Telecom ne sont pas encore terminées, que je me suis énervée avec l'opératrice au téléphone, que j'ai égaré ma carte bancaire et que j'ai du faire opposition, que je vis encore pour une semaine sans carte de crédit et que c'est dur, que j'ai passé un bon week end à Paris dans le 12ème chez une amie néotit' nommée dans l'académie de Créteil elle, puis chez Alex pour changer, que je sais à présent poser des autocollants effet miroir sans teint sur une fenêtre, idem pour les transferts d'enseigne sur les devantures, qu'il y a une super podologue qui vient d'ouvrir son cabinet dans le 5ème juste à côté des magasins "Au vieux campeur" et qu'il faut y courir y mettre les pieds il est possible qu'elle vous montre ses seins (hinhin), que dimanche soir nous avons regardé un film cultissime dont je vous parlerais en temps voulu, que nous avons fait une soirée nostalgie-alsacienne avec trop de choucroute et trop de pinot, que j'ai terminé légèrement joyeuse à finir mes verres tout en faisant des propositions indécentes à mes converseurs msn...
Je pourrais...
Ce serait facile...
Bien plus facile que d'avouer qu'en ce moment ça va sans aller...
Que je passe des nuits sans sommeil souvent parce que ma tête interdit à mon corps de trouver le repos... Que la funambule a décidé depuis peu de remettre du fil à l'ouvrage...
Qu'à trop balancer entre la tête trop dans les nuages et les pieds trop sur terre, je finis souvent avec des bas-le-coeur...
Est-ce que ça arrive à tout le monde d'avoir des moments sans? De ne pas savoir où il va justement le monde? Et qu'est-ce qu'on y fait nous dans le monde qui tourne trop vite? Tout ça je sais bien que chacun y est confronté, mais je me pose souvent la question est-ce si souvent pour ces chacun?
J'avance comme je l'ai toujours fait, en me laissant porter par le courant. J'ai l'impression parfois que je vais finir par choisir entre deux eaux la plus profonde, mais je continue de surnager je ne sais comment mais surtout par peur de l'abysse... Juste parfois une ou deux déferlantes... Et puis vogue...
Je ne sais pas où je vogue mais ce que je sais c'est que pour l'instant j'y vais seule, que je tente de plus en plus de faire contre mais que pour l'instant je fais avec... Comme depuis trop...
Les sous-rires et les sans-blancs ne cachent plus bien les moments de doute et les égratignures de la funambule...
Envie de suspendre le fil, de rembobiner, de changer la trame...
Coupe.
08 octobre 2007
c'est bon pour le moral...(*)
Ce week end je suis allée voir ma nièce et participer au baptême de ma cousine en Alsace.
Malgré une très belle fête, une bonne ambiance à la maison, un beau match France/Nouvelle Zélande, un peu de repos et deux jours de soleil, je reviens un peu démoralisée...
La soeur d'une amie que je croise rarement mais tout de même...
"Oh c'est le tien?"
Un convive membre éloigné de la famille...
"Aurevoir et félicitations pour le bébé"
Mauvaise idée de pousser un landau quand on commence à approcher de l'âge reproductif sociétal...
Surtout quand on est célibataire...
Ca a une forte tendance à saper le peu de moral que l'on tente de sauvegarder bon...
Et l'amie prof croisée dans le TGV ce matin en rentrant, et qui pleure son compagnon qu'elle ne va pas voir durant trois semaines, que c'est loin encore les vacances, n'est pas pour aider...
Pendant le trajet moi j'ai corrigé mes copies de 3ème, si ça c'est pas de l'occupation de future prof aigrie...
(*) titre largement inspiré de la Compagnie Créole qui fête ses 20ans, qui passe à l'Olympia et qui a vendu des milliers de disques, on en apprend des choses interessantes et importantes quand on mange un bout de pizza seule devant les infos de 13h...
Bon c'est pas tout ça j'ai des cours à préparer avant d'aller m'acheter une corde...
18 mai 2007
Ne serait-ce que ma faute?
Je tourne de moins en moins bien.
Je n'arrive plus à me réjouir du bonheur des autres. J'en suis contente mais. Mais il me renvoit au pathétique dont je ne parviens pas à m'extirper. Je m'englue dans une fausse réalité. Et les autres qui avancent me le font indirectement remarquer.
Et chaque fois c'est plus dur. Plus insupportable.
Ces dernières années, cinq personnesY ont marqué ma vie. Plus ou moins. Plus ou moins longtemps. Plus ou moins intimement. Cinq que j'ai laissés m'approcher. Avec plus que moins de difficultés, toujours de manière ardue. Et parmi eux, trois ont vraiment eu une place importante. Pourtant, étrangement, ce sont les deux autres que j'ai le plus réellement connu...
Pourquoi eux alors?
Peut être parce que c'était plus simple, pour une fois. Qu'il me semblait moins d'effort à faire. Une connivence présente. Peut être aussi parce que tout était déjà perdu d'avance. Et que je n'ai rien fait pour que celà le soit moins. Peut être pour ça que je leur ai ouvert un peu plus les portes? Sans jamais vraiment leur permettre de trop entrer. Peut être aussi un peu d'utopie, de désir de profit?
Je fous ma vie relationnelle en l'air ou plutot je ne lui laisse pas lieu d'exister.
Existe-t-elle réellement?
Une amie récemment me disait qu'elle paraissait glacée mais qu'elle
était en réalité la glace sous le feu sous la glace. Moi mes alternances
sont inverses. L'exhubérance est encore une barrière. Comme l'assurance. Inexistante. Sous le feu, la
glace et le feu. Et trop de sentiments et de sensibilité que
j'aimerais contrôler. Je n'y parviens plus.
J'ai pris sur moi, dans de rares moments, d'entrebailler un peu. Briser la glace. Laisser passer de l'autre côté du miroir. J'en suis mal ressortie. Et le feu sous la glace sous le feu me brûle. Les ailes se consument. Un peu plus à chaque fois.
Je ne blâme pas ceux qui ont essayé, d'avoir reculé ou de ne pas avoir forcé. Je me barricade parce que je sais ce qui m'attend. Parce que pour l'instant je me suis peu trompée. J'aimerais qu'on me détrompe. Ou même qu'on me trompe. Mais j'en donne peu l'occasion.
Alors je me retrouve éternelle confidente de tous. Qui reçoit des remerciements de l'un pour avoir l'avoir conseillé, aidé à passer les mauvais moments et à présent que tout va mieux à trouver le clitoris de son amie. De rien au moins une heureuse, à défaut. Des étonnement de l'autre parce qu'avec personne il ne se confie avec tant de facilité, paraît-il. Des excuses de n'être plus présent. Des regrets sur ce qui aurait pu se passer alors qu'il ne serait rien passé à l'évidence. Des arrêts avant même d'avoir commencé. Des stupidités débitées en arguments pour ne pas dire la vérité. Des critiques amusées ou méritées qui finissent blessantes. Mais toujours confidente.
Et chaque fois c'est plus dur. Plus insupportable.
Il y a plus à plaindre. Pourtant.
Parfois je voudrais être une autre, parfois je voudrais être ailleurs, parfois...
Et de plus en plus souvent...