il est des jours où...

les vicissitudes d'une TZR divaguant dans l'académie de Versailles

14 décembre 2005

toute entière

XLI - Tout entière

Le Démon, dans ma chambre haute
Ce matin est venu me voir,
Et, tâchant à me prendre en faute
Me dit: "Je voudrais bien savoir

Parmi toutes les belles choses
Dont est fait son enchantement,
Parmi les objets noirs ou roses
Qui composent son corps charmant,

Quel est le plus doux."- O mon âme!
Tu répondis à l'Abhorré:
"Puisqu'en Elle tout est dictame
Rien ne peut être préféré.

Lorsque tout me ravit, j'ignore
Si quelque chose me séduit.
Elle éblouit comme l'Aurore
Et console comme la Nuit;

Et l'harmonie est trop exquise,
Qui gouverne tout son beau corps,
Pour que l'impuissante analyse
En note les nombreux accords.

O métamorphose mystique
De tous mes sens fondus en un!
Son haleine fait la musique,
Comme sa voix fait le parfum!"

spleen et idéal
les fleurs du mal, Baudelaire

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08 décembre 2005

eternal sunshine...

hier soir j'ai enfin vu le film que je voulais voir depuis longtemps, j'avais reçu des places gratuites pour aller le voir à sa sortie mais comme c'était un soir de semaine sur ma ville natale et que j'avais cours je les ai donnés à mes parents qui ont pour l'un dormi, pour l'autre pas trop apprécié le film puisqu'il n'est pas classiquement tourné c'est-à-dire qu'il n'est pas estampillé begin et end aux bornes.
bref hier diffusion sur canal d'eternal sunshine of the spotless mind autant dire que j'avais bien travaillé avant pour ne pas me gacher ce film avec un sentiment de culpabilité.

une banlieue américaine tristoune, les gens vont au bureau, prennent les transports en commun. et soudain un homme change brusquement de destination... et surgit une fille barrée aux cheveux bleus... et le début d'une romance dans un train entre deux personnages aux tempéraments opposés. mais rapidement (au bout de 10min environ) se "déconstruit" l'histoire d'amour improbable car clementine efface joel de sa mémoire ce qui semblerait banal si elle ne le faisait pas au sens propre. et nous voici partis à suivre joel dans son cerveau et ses souvenirs puisqu'il imite son ex en la faisant rayer de sa mémoire lui aussi.

le film aborde de nombreux thèmes à la fois : le thème de l'amour, de l'identité, de la différence, de l'oubli, du destin...
mais même si je l'ai trouvé magnifique, peut être parce que s'en dégage au final une belle vision de l'amour, aussi romantique que ce couple d'amoureux qui court sous la neige sur une plage (et peut être aussi qu'en ce moment je suis dans une telle relation à l'affectif et surtout à son vide que je me surprends à avoir le coeur qui se serre à chaque petite marque d'affection que je vois, même dans des séries télé quand personne d'autre ne comprend la beauté du moment alors pensez donc ce film sur le couple, la vie, l'amour et la destinée... enfin je digresse).

donc même si ce film est vraiment beau, je ne peux m'empêcher d'y trouver à redire un peu parce que je pense qu'il aurait pu être davantage digne de me faire user mes kleenex et marquer ma mémoire...
le grain de folie et l'inattendu, effet qui semble recherché avec le passage voire la confusion du passé au présent n'est que théorique puisque dès le départ on sent le côté convenu de la chose, comme si on voulait nous perdre en tentant de perturber la pendule alors que nous savons pertinemment que le train arrivera à l'heure et comment se terminera le film, d'ailleurs même ces constants détours sensés surprenants et ces flashs surréalistes sont convenus et prévisibles.

jim carrey est encore sorti de ses premiers roles de comique lourdingue et ça lui réussit, mais par moment on se demande si ce n'est pas ancré en lui, ses grimaces et son côté loufoque, mais heureusement ça ne ressort pas bcp (scène de lui enfant sous la table ou qqs moments dans son appart) et en genéral il est très sobre et très bon dans ce role de banlieusard désabusé et timide.
malgré tout le film conclut sur une belle idée proposant que le couple déchiré puisse à la fois naturellement se réunir et réapprendre à s'aimer et puis je ne peux que saluer la véritable cohérence esthétique avec de belles images poétiques qui ponctuent le film et des phrases émouvantes en tout cas pour moi.

eternal sunshine

eloisa to abelar, pope

je me relis et je me dis que l'on pourrait croire que je n'ai pas aimé eternal sunshine mais pas du tout je suis seulement très critique comme fille, ce film est un petit bijou malgré tout et je le reverrai certainement...

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05 décembre 2005

cupidon s'en fout...

cupidon

Cupidon s'en fout

Pour changer en amour notre amourette,
Il s'en serait pas fallu de beaucoup,
Mais, ce jour là, Vénus était distraite,
Il est des jours où Cupidon s'en fout.

  Des jours où il joue les mouches du coche,
Où elles sont émoussées dans le bout,
Les flèches courtoises qu'il nous décoche,
Il est des jours où Cupidon s'en fout.

 Se consacrant à d'autres imbéciles,
Il n'eut pas l'heur de s'occuper de nous,
Avec son arc et tous ses ustensiles,
Il est des jours où Cupidon s'en fout.

 On a tenté sans lui d'ouvrir la fête,
Sur l'herbe tendre, on s'est roulés, mais vous
Avez perdu la vertu, pas la tête,
Il est des jours où Cupidon s'en fout.

 Si vous m'avez donné toute licence,
Le coeur, hélas, n'était pas dans le coup ;
Le feu sacré brillait par son absence,
Il est des jours où Cupidon s'en fout.

On effeuilla vingt fois la marguerite,
Elle tomba vingt fois sur "pas du tout".
Et notre pauvre idylle a fait faillite,
Il est des jours où Cupidon s'en fout.

 Quand vous irez au bois conter fleurette,
Jeunes galants, le ciel soit avec vous.
Je n'eus pas cette chance et le regrette,
Il est des jours où Cupidon s'en fout.

Georges Brassens
(1976 - Don Juan, 8)

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29 novembre 2005

la saveur de la pastèque...

lasaveurdelapastèquesans_titre_44

Posté par bliksem à 23:40 - je vois, je lis, j'écoute... - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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